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jeudi 3 septembre 2009
vendredi 28 août 2009
Depart pour le Zanskar
Hier nous sommes alles reperer le chemin pour sortir de Manali et rallier notre premier col: le "Hamta Pass" a l est de la ville. Nous avons pu trouver plusieurs endroits possibles pour etablir notre premier camp. Les bivouacs a proximite des villes sont toujours ceux qui nous soucient le plus: il faut trouver de l eau de bonne qualite, un endroit suffisant pour faire paturer nos animaux et planter notre tente.
vendredi 21 août 2009
Heureuse idée
Ce matin, nous avons eu la bonne idée de demander à l'office de tourisme s'ils savaient où l'on pouvait acheter des chevaux. Un coup de fil plus tard et nous nous sommes retrouvés à discuter avec Karma Negi qui n'est autre que le chef coordonateur des muletiers du district. Il a bien compris nos besoins mais actuellement beaucoup de chevaux et de mules sont en treck ou travaillent sur les chantiers de construction de la vallée. Néanmoins il a trois chevaux à nous montrer et deux mules. Nos précédentes recherches nous imposaient d'attendre que l'on nous amène les chevaux et les tarifs étaient 150€ plus chers par animal.
Nous tournons un peu dans Solang Nala quand nous aperçons la silhouette rablée de Karma. Une fois près des chevaux, nous comprenons vite que les mules qui lui restent ne sont pas en bon état. Elles ont dû porter du sable et des briques depuis le début de l'été et sont maintenant au repos. Elles portent des plaies de harnachement tout juste cicatrisées, elles ont un air triste d'animaux pas en forme... et elles valent 60 000 roupies! Reste les trois chevaux. Nous écartons vite un noir à la tête penchée. Reste un gris et un bai.
Le gris est bien charpenté, de bons aplombs, avec un gros ventre (ce qui est une bonne chose!).
Le bai, vraiment minus est fait comme une mule, sans garrot. Il porte les stigmates blancs de plaies au niveau du bât. Et une grosseur de la taille d'une noix le long de la colonne nous laisse circonspects.
Nous prenons le temps de les examiner. Le gris est docile et se laisse facilement attraper, mais manifeste facilement son agacement: les deux oreilles en arrière, " attention, j'en ai marre". Au moins c'est clair et on sait à quoi s'en tenir. Le petit alezan est un peu plus sur l'oeil mais doux une fois attrapé.
Ils ne sont pas blessés même si le gris semble chatouilleux au niveau du garrot mais insensible à la pression. Tous deux se laissent sans problème prendre les pieds. Le bai a des aplombs moyens aux antérieurs.
Nous discutons un peu les prix. On se met d'accord sur 40 000 roupies pour les deux, ce qui n'est pas trop sur-évalué pour des chevaux de bât. Au Zanskar, un cheval vaut 20 000 roupies, un joli cheval de selle à la foire de Rampur se vend 35 000 rs, un cheval moyen vaut au tarif local entre 10 000 et 15 000 rs.
Nous nous quittons après un thé. Nous profitons du retour en bus pour laisser libre cours à notre réflexion. Une chose s'impose: les mules sont trop chères. Et puis, il faut se rendre à l'évidence, partir avec un seul cheval de bât serait une erreur, leur gabarit ne le permettrait pas. Nous nous attendions à de petits formats, mais nos souvenirs des mules croisées au Tibet et au Népal semblent nous avoir joués malgré tout des tours.
Enfin se pose le dilemme récurrent: faut-il acheter ces animaux, certes en bonne forme mais qui sont loin d'être parfaits ou bien faut-il continuer à chercher ailleurs?
S'il est vrai que c'est pour prendre le temps que nous voulons voyager à pied avec des chevaux, déjà la phobie du temps qui passe vient nous hanter. Depuis que nous sommes arrivés à Manali, on ne cesse de nous mettre en garde contre l'altitude des cols, l'arrivée prochaine de la neige, le caractère "à risque" du mois de septembre, le tout assaisonné des récits des dernières grosses chutes de neige ayant bloquées plusieurs personnes dans des vallées isolées... Tout ces discours commencent à nous mettre le doute sur la qualité de notre préparation, mais surtout commencent sérieusement à nous bassiner.
Au milieu d'eux, seul Karma Negi opine docilement du chef lorsqu'on lui dévoile l'itinéraire envisagé. "Oui c'est possible" nous dit-il, "pas de problème", "regardez les conditions météo pour ce col, sinon, faites le tour".
Premiere visite aux chevaux
Par ailleurs, nous continuons a collecter tout ce dont nous allons avoir besoin: un tapis de selle pour le bat, du tissu epais pour le caler, une faucille pour couper de l herbe, des sangles de rechange etc... En cherchant bien, nous arrivons a tout trouver!
Nous prenons quand meme le temps de profiter un peu de la nourriture locale. Nous ne sommes toujours pas malades! C est epice, parfois tres epice mais on ne s en lasse vraiment pas parce que tres varie.
mercredi 19 août 2009
Manali
samedi 15 août 2009
Départ difficile!
Nous sommes finalement arrivé le 5 Août à Paris chez la soeur de Mélanie qui nous prétait gentillement son studio pour une nuit, elle même étant partie à Buenos Aires pour un mois. Le lendemain matin, branle-bas de combat, lever à 5H15 pour prendre un taxi à 6H direction Roissy Charles de Gaulle. Nous étions largement dans les temps pour notre vol prévu à 10H40. Mais arrivés à l'aéroport, nous sommes obligés de constater qu'il nous manque un sac. Inutile de retourner dans le studio, nous avons poste la clé à la grand-mère de Mélanie. Nous passons et repassons le déroulement des évènements pour savoir si nous avons oublié notre sac dans le studio ou sur le trottoir. Dans le doute nous réveillons la concierge par téléphone pour qu'elle aille vérifier: pas de sac en vue... Il nous reste deux options: partir et se faire envoyer la valise ultérieurement ou changer de vol. Jusqu'au dernier moment, nous essaierons de changer de vol, mais Air India n'ayant pas de comptoir à l'aéroport, il nous sera impossible de les joindre. Résignés, nous faisons donc la queue au comptoir d'enregistrement dès 8H30. Mais un afflux massif de voyageurs au moment du passage du portique de sécurité nous fait arriver 2 minutes trop tard au comptoir d'embarquement de notre vol: l'avion est là, le tunnel d'accès toujours en place, mais on nous interdit d'accéder à l'avion; ils préfèreront débarquer nos valises... Dur, dur... Surtout que la journée n'est pas finie. Il nous reste à aller courrir chez Air India à Paris pour changer nos billets d'avion et leur faire accepter que l'erreur ne vient pas de nous puis à rentrer à Blois chez les parents de Mélanie avec nos gros sacs en train.
Nous avons finalement réussi à changer nos billets d'avion pour le 16 Août, cela nous a laissé 10 jours pour nous reposer un peu et peaufiner l'organisation de nos sacs. Nous croyions en effet avoir droit initialement à 8 kg chacun en bagages à main et 20 kg en soute chacun alors que nous avions droit à 12 kg en bagages à main chacun. Au moment de l'enregistrement, nous nous sommes donc retrouvés avec 5 kg de bagages en trop, à raison de 30€/kg, et c'était sans compter qu'il nous manquait un sac de 6 kg... Nous avons donc décidé d'envoyer 7 kg d'affaire en poste restante à New-Delhi tout en nous assurant que nous pourrons tout racheter à New-Delhi en cas de perte.
mardi 4 août 2009
J - 2 !
Des colis sont prêts à nous être envoyés ultérieurement depuis la France avec les cartes dont nous aurons besoin au fur et à mesure de notre progression, des livres d'apprentissage du Tibétain, des plats lyophilisés supplémentaires, du petit matériel de réparation, des vitamines... Heureusement que nous avons une base arrière très active!
Nous avons parallèlement à tout ça normalisé notre situation administrative, et ça n'aura pas été le plus simple! Plus de maison, toutes nos affaires dans un garde-meuble, il a fallu que nous soyons sur tous les fronts. Ces trois derniers mois ont été bien bien occupés.
Maintenant, il nous tarde de nous envoler pour les hautes montagnes de l'Himalaya et d'y retrouver les odeurs d'encens et de thé au beurre qui nous avaient tant plus, les couleurs chatoyantes de vêtements des femmes.
Notre premier objectif sera de rejoindre Manali, une ville au pied des montagnes et d'y dénicher la perle rare: une mule bien charpentée avec de l'expérience, docile et clairvoyante. Facile, non! Nous avons déjà décidé du nom que nous lui donnerons. Surprise, surprise! Et puis si vraiment sa conformation ne se prête pas au bâtage de nos 55kg de matériel plus la nourriture et l'eau, nous lui chercherons une copine de route. Nous nous sommes déjà préparés à cette éventualité. Notre second objectif sera de monter très progressivement en altitude pour nous assurer une bonne acclimatation et s'affranchir des problèmes liés au mal des montagnes.
C'est le vent ensuite qui guidera nos pas. Même si nous avons bien étudié la géographie de la région, nous n'avons pas arrêté d'itinéraire précis pour nous permettre de progresser au gré de nos envies et nos rencontres.
Bon vent à tous!
jeudi 23 juillet 2009
mardi 7 juillet 2009
Capes de pluie et matelassures...
jeudi 2 juillet 2009
Extraits
"En le mécanisant, l'homme ne s'est pas rendu maître du temps, mais son esclave, et plus il essaie d'en "gagner", moins il en possède. Il ne serait pas plus fou de vouloir capter une rivière dans un seau, puisque ce qui fait la rivière, c'est le courant, la continuité de son mouvement; il en va de même pour le temps. Seul celui qui l'accepte dans sa plénitude, dans son rythme éternel et créateur, essence même de sa continuité, peut le dominer et le faire sien. Accepté de cette façon, le temps, si l'on ne résiste pas à son courant, perd son pouvoir sur nous, et nous sommes portés par lui comme sur une vague, sans être submergés et sans perdre de vue notre éternité essentielle.
Ceci, je ne l'ai ressenti aussi profondément nulle part ailleurs qu'au Tibet, dans l'immensité de sa solitude, dans la transparence de son atmosphère, la luminosité de ses couleurs et dans la pureté du dessin presque abstrait de ses montagnes. La vie organique, réduite au minimum, ne joue aucun rôle dans la formation et l'apparence du paysage et n'apporte aucune note discordante dans sa pureté plastique. C'est le paysage qui apparait comme l'expression organique même des forces primordiales. Par leurs lignes qui ondulent dans le lointain, les montagnes nues illustrent les lois fondamentales de la gravitation. Seule les modifie en les faisant apparaitre sous leurs couleurs pures et vives l'action constante du temps, qui révèle leur structure géologique et la nature de leur substance.
Les rôles du ciel et de la terre sont inversés. Alors qu'en général le ciel parait plus clair que le paysage, il est ici sombre et profond. Sur ce fond, le paysage ressort éclatant de couleurs, comme s'il était lui-même la source de lumière. Les rochers rouges et jaunes s'élèvent comme des flammes sur le rideau de velours bleu foncé du ciel.
Mais pendant la nuit ce rideau est tiré et la vue plonge dans les profondeurs de l'univers. Les étoiles si brillantes et proches, semblent faire partie du paysage. On peut les voir descendre jusqu'à l'horizon et s'évanouir tout à coup avec un vacillement, comme un homme qui porterait une lanterne et disparaitrait au coin de la rue. L'univers n'est plus ici un simple concept ou une abstraction terne, mais une expérience directe, et l'on ne pense plus au temps autrement qu'en termes de soleil, de lune et d'étoiles. Les corps célestes scandent le rythme de la vie, et ainsi le temps perd son aspect négatif; il devient une expérience presque tangible de ce qui est "toujours présent", de ce qui revient toujours, de ce mouvement - essence de toute existence - qui se renouvelle lui-même. Les nuages ne cachent presque jamais le ciel, l'homme reste en contact avec les corps célestes. Les nuits ne sont jamais complètement noires. Même par une nuit sans lune, le paysage baigne dans une étrange lumière diffuse, une lumière vraiment "astrale", qui découpe les formes en silhouette sans ombre ni substance, sans couleur, et que pourtant l'on distingue parfaitement.
[...]
le grand rythme de la nature envahit tout chose, et l'homme y est entraîné corps et âme. Même son imagination ne relève plus tant du domaine de son individualité que de l'âme du paysage, où le rythme de l'univers se condense en une mélodie d'un charme irrésistible. L'imagination devient ici l'expression juste de la réalité sur le plan de la conscience humaine, qui semble se transmettre d'individu à individu pour créer enfin cette atmosphère spirituelle dans laquelle baigne le Tibet tout entier.
Sous l'influence de ce pays, une étrange transformation s'opère. Ici les vallées sont à la même altitude que les plus hauts sommets d'Europe, et les montagnes s'élancent dans l'espace hors de l'atteinte des hommes. On a l'impression qu'un poids est enlevé de votre esprit et que certaines barrières sont abattues. Les pensées coulent facilement et spontanément sans perdre leur fil et leur cohérence. On peut parvenir presque sans difficulté à un haut degré de concentration et de clarté, et un sentiment de joie très pure donne à votre esprit une impulsion créatrice. La conscience semble portée à un niveau très élevé d'où sont absents les obstacles et les ennuis de la vie quotidienne; seul subsiste un souvenir précis des choses, qui ont perdu toute leur importance et tout leur attrait. Parallèlement la sensibilité s'aiguise et l'être s'ouvre à de nouvelles formes de réalité; les qualités intuitives de notre esprit s'éveillent et sont stimulées [...]"
Le chemin des nuages blancs, Lama Anagarika Govinda, Éditions Albin Michel, 2008
samedi 6 juin 2009
Stage de bâtage
En Mongolie en 2007, nous avons pu constater que notre technique de bâtage était quelque peu aléatoire, et que même si elle nous permettait de faire "tenir" nos affaires sur notre cheval de bât, elle ne répondait pas à toutes nos attentes. Ce qui nous faisait défaut: une rapidité et une facilité de mise en œuvre, ainsi qu'une fiabilité à l'épreuve des difficultés rencontrées. Pouvoir participer à un stage de bâtage avant de partir était donc une aubaine...
Nous avons donc pu rencontrer et échanger avec Emile Brager pendant 4 jours. Au programme notamment, la découverte de différents bâts et leur adéquation à la conformation du cheval , les différents réglages indispensables, les techniques de fixation des charges par le biais de saccoches ou de sacs, les nœuds indispensables pour solidariser l'ensemble, la conduite en main et à cheval de l'animal de bât, quelques notions sur sa préparation et enfin la prévention des blessures de harnachement pour que le voyage, et le plaisir, durent plus longtemps.
Quelques exemples de nœuds:
Nœud de baril pour les charges horizontales...
...Surmonté d'un balot de foin en vrac maintenu par un nœud de matelas!
Le nœud de chaise double, un préalable au nœud indien:
Nous avions amené notre bât et nous avons pu discuter de quelques ajouts que nous voulions y faire (avaloire, bricole et sanglage en V par deux sangles indépendantes) ainsi que des possibilités de modifications afin de respecter la conformation de nos mules qui seront probablement petites, voire très petites. La transmission de quelques techniques éprouvées nous sera, c'est sur, d'une grande utilité une fois sur le terrain.
En attendant le travail reste à faire. Nous pensions avoir mieux planifié notre préparation qu'au cours de notre précédent voyage mais une fois de plus, nous nous rendons compte que quelques mois de plus n'auraient pas été superflus!
lundi 18 mai 2009
Essai du bât
jeudi 7 mai 2009
Stage de parage naturel
Sur la photo, vous pouvez voir Romain au travail sous le regard attentif d'Anouk. La jument franche-montagne très gentille était idéale pour s'initier aux gestes des profesionnels.
La partie théorique nous a permis de revoir les principes de fonctionnement biomécanique du pied du cheval ainsi que les modes de vie indispensables à l'entretien d'un cheval pieds nus (notions de "paddock paradise", d'alimentation, d'utilisation adaptée du cheval, que nous auront peut-être du mal à mettre en application pendant le voyage, mais qui nous servirons plus tard, c'est sur!).
La partie pratique sur pieds de chevaux morts puis sur chevaux vivants permet de s'initier au maniement des outils du pareur avec un maximum de sécurité, d'appréhender la complexité d'un parage dans les règles et de comprendre un peu mieux l'approche nécessaire à l'entretien des pieds de son cheval.
Nous avons pu avoir quelques informations sur les hippo-sandales et sur un nouveau concept de protection du pied en phase de transition: le perfect hoof wear, constitué d'une bande de résine à dérouler sur la paroi et la partie périphérique de la sole. Son grand intérêt pour nous réside dans le fait qu'il n'y a pas de notion de taille. A voir...
mercredi 22 avril 2009
Nos expériences passées
Le 6 Mai, nous sommes donc partis de la gare du Nord, direction Moscou puis Oulan-Bator en train via le fameux transsibérien. Quinze jours pour progresser géographiquement et mentalement vers l'orient. Quinze jours pour s'ouvrir l'esprit vers l'inconnu. Quinze jours pour réaliser que notre rêve prenait soudainement forme...
Nous avons parcourus 1200 km à cheval (avec de longues périodes à pied) pour rallier le lac Khövsgöl puis Tariat où nous les avons vendus à des Mongoles qui travaillaient avec des touristes. Deux mois de découvertes, de rencontres, d'étonnement, d'éclat de rire, de bonheur. Nous avons été époustouflés par la grandeur des paysages, par la force des couleurs, par l'immensité des plaines et des vallées. Nous avons été impressionnés par la chaleur de l'accueil des Mongoles, par leur générosité, par leur attention à notre égard. Nous avons essayé de nous montrer à la hauteur de la grandeur d'âme de ces hommes et de ces femmes qui nous ont ouvert les portes de leurs yourtes quand nous étions fatigués, affamés ou assoiffés. Nous en garderons des souvenirs impérissables.
Une fois rentrés à Oulan-Bator, nous avons pu assister au Nadaam, la fête nationale au cours de laquelle se déroule des courses de chevaux, des concours de tir à l'arc et des championnats de lutte mongole. Nous logions dans une petite "guest house" très agréable, à l'écart du centre ville où nous pouvions nous faire à manger, nous reposer, discuter, lire...
Nous avons ensuite traversé à pied le massif montagneux situé au sud d'Oulan-Bator: deux jours de solitude complète à traverser des forêts très denses dépourvus de sentier qui nous ont menés à un pic rocheux sur lequel se trouvait un "ovoo" parmi les plus beaux que nous ayons pu voir.
Ensuite nous avons décidé de partir une douzaine de jours à pied dans le Gobi. Expérience inédite pour nous que de se confronter à une zone désertique. Fascinante immensité qui permet de relativiser bien des choses. Nous avons pu trouver les puits, véritables sources de vie, grâce aux indications des Mongoles. Ensuite, petit à petit, nous avons "compris" la géographie des lieux dans lesquels nous progressions jusqu'à pouvoir trouver les puits nous-mêmes: quelle fierté!... Et là encore des rencontres absolument inoubliables, faites de sourires, d'échanges et de partages.
La date d'expiration de notre visa mongole arrivait et nous avons du remonter dans le transsibérien pour rejoindre Pékin. Déjà la nostalgie gagnait nos coeurs au fur et à mesure que l'on voyait s'éloigner ces immensités...
A Pékin nous avons passé le minimum de jours nécessaires à l'organisation de la suite de notre périple: achat des vélos, de nos sacoches, organisation de notre voyage en train avec les vélos vers Xining, achat de provisions.
24 heures de train ont été nécessaires pour rallier Xining, grande mégalopole située à proximité du Lac Koukounor. Ce sont les récits de la fameuse aventurière Alexandra David-Neel qui nous ont amenés dans cette région. Nous avons traversé toute la région de l'Amdo et une partie du Kham avant d'atteindre la "région autonome du Tibet" et sa capitale Lhassa. Nous avons pu nous confronter aux hauts plateaux tibétains et rencontrer les Tibétains dont le mode de vie, la culture et l'état d'esprit nous ont fortement fait réfléchir Quelles différences d'abord des préoccupations quotidiennes et spirituelles avec notre culture occidentale! Certaines situations nous ont laissé sans voix et continuent de bien nous faire réfléchir.
La route jusqu'à Lhassa n'a pas été facile, pas un jour sans un col à plus de 4000 m, pas un jour sans un orage, mais notre persévérance a payé, et notre arrivée à Lhassa a été une vraie délivrance. Nous avons pu nous reposer, manger encore et encore et surtout visiter bon nombre de monastères de la région: Ganden, Drépung, le Jokhang, Séra. Nous avons fait l'ascencion du Giaphélri, un sommet sacré au dessus du monastère de Drépung où jadis les Dalaï-lama montaient en pélérinages à dos de mule en suivant des sentiers balisés de pierres semblables à d'antiques voies romaines. Au sommet: un véritable "champ" de drapeaux à prière infranchissable où il était possible de voir au loin vers le sud les sommets recouverts de neige des montagnes de l'Himalaya que nous allions traverser quelques semaines plus tard.
Nous avons pu aussi effectuer un pélerinage sur deux jours qui reliait les différents sites sacrés de la région: des monastères minuscules perchés sur des falaises, des grottes de méditation dans lesquelles des nonnes étaient en retraite, et d'autres, aménagées sous d'énormes rochers utilisées depuis l'époque de Tsong-Kapa...
Le trajet depuis Lhassa jusqu'à la frontière tibéto-népalaise a été un des moments les plus forts de notre périple. Nous avons progressé dans une ambiance fascinante, presque mystique, du fait de l'altitude, de la luminosité, de l'immensité des paysages, de leur hostilité parfois mais aussi toujours du fait de leur extrême beauté. Avec nos vélos, nous sommes montés à plus de 5000 m d'altitude avant d'entamer la descente "la plus longue au monde" qui nous a littéralement fait plonger sur le Népal. Et là, quelle suprise de retrouver après deux semaines de progression en zone désertique, des arbres, des fleurs, des couleurs et une végétation luxuriante! Un contraste a vous couper le souffle!
Après le passage de la frontière, la route jusqu'à Kathmandou a été avalé en quelques tours de pédales: la forme dont nous faisions preuve après 3 mois passés au dessus de 3500 m d'altitude et notre envie de rallier cette ville promise nous ont permis de battre des records!
Kathmandou, ville rêvée, ne nous a pas déçus. Nous avons pu y prendre du bon temps et surtout manger avant de repartir pour le massif des Annapurnas. Parce que c'était l'occasion ou jamais d'en profiter: nous étions en pleine forme et nous avions le temps de partir pour un trek de 3 semaines. Partis de 2000 m d'altitude nous avons pu, plus longuement, observer la transition de la végétation jusqu'aux plus hautes altitudes (col à 5400 m). En nous dirigeant vers le nord, nous avons à nouveau rencontrés des villages de forte influence tibétaine, par leur architectures et leurs habitants. Et toujours ce même enchantement...
Après être redescendus pour mieux remonter au camp de base de l'Annapurna sud, nous avons passé quelques jours à Pokhara, petite ville de villégiature au bord d'un lac. Il ne restait plus qu'à organiser notre retour en France...
vendredi 10 avril 2009
Millet Expédition Project
La rencontre avec les autres équipes puis avec le jury nous a rapidement fait prendre conscience que nous n'avions absolument pas assez insisté sur "l'après-voyage" et notamment de l'utilisation que nous comptions faire de nos photos et de nos films, de la rédaction éventuel d'articles ou de livres etc... Nous étions donc plutôt pessimistes quant aux résultats. C'est donc avec grande surprise et grand bonheur que nous avons appris le soir même notre sélection avec 11 autres équipes. Nous avions largement sous-estimé le plaisir d'avoir un projet dont l'intérêt avait été reconnu par des professionnels! Un grand merci donc à toute l'équipe pour leur accueil et les conseils dispensés. Un clin d'œil aussi à l'équipe de "Sur les pas des pèlerins Tibétains" à qui nous souhaitons bonne chance.
Si vous voulez voir une vidéo de l'annonce des résultats, cliquez ici
jeudi 9 avril 2009
Déroulement général du projet
Voici un petit résumé du voyage qui se profile... Pour ceux que ça intéresserait d'avoir une vision plus globale du projet.
Le départ est prévu le 6 Août 2009 de Paris, direction Delhi en Inde. De là, transfert en bus jusqu'à Manali où nous comptons acheter une mule. Les 4 mois qui suivront vont nous permettre de sillonner la région du Ladakh et du Zanskar à pied avec notre animal de bât. Ce sera l'occasion d'affiner notre condition physique, de rentrer en contact avec les populations d'origine tibétaine de la région, de vérifier la qualité de notre matériel et enfin de trouver des solutions aux questions qui vont se poser à nous, notamment comment gérer l'approvisionnement en nourriture de notre mule et comment assurer la qualité de ses pieds et de son dos.
Fin Novembre est prévu un retour en avion depuis Leh avant de se diriger vers Dharamsala en bus où nous comptons passer les 5 à 6 mois d'hiver. Nos objectifs seront alors d'apprendre la langue tibétaine et d'approfondir nos connaissances en culture tibétaine et bouddhique. Pour pouvoir rester plus de 6 mois en Inde, nous envisageons un renouvellement de notre visa par un passage rapide au Népal en bus.
A la mi-Avril 2010, retour à Delhi puis transfert en avion vers Hong-Kong d'où nous espérons obtenir nos visas de 6 mois pour la Chine. Trajet jusqu'à Kashgar en train, puis jusqu'à Yécheng en bus. Achat de notre mule et traversée des 4 à 5000 km des hauts plateaux tibétains à pied jusqu'à Lhassa.
Enfin, retour en avion en France depuis Lhassa.
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mercredi 8 avril 2009
Chansons tibétaines
Voici l'ensemble des chansons interprétées par Khen Rinpoche Ngawang Jinpa de Darjeeling et enregistrées par Ray Kreisel. Il s'agit de chansons écrites par Milarépa, poête tibétain du 11ième siècle, excéptée pour la dernière, écrite par Khen Rinpoche en honneur à Milarépa.
Thoughts of my Lama:
Vision of my Lama:
Deer Song:
Dog Song:
Hunter Song:
In praise of Milarépa:
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lundi 30 mars 2009
Le choix du bât
Ci dessous des photos qui montrent le type de sac que nous avons déjà utilisé en Mongolie sur notre précédent bât à croisillon, ainsi que l'avaloire et la bricole que nous avions fabriqués.
mardi 24 mars 2009
Pourquoi repartir?
Pour Mélanie, passionnée de chevaux depuis toujours, la Mongolie, son peuple de cavaliers et sa culture équestre représentait un véritable Eldorado. Romain, quant à lui, avait déjà eu une première expérience très enrichissante en Asie centrale lors d'une précédente expédition d'alpinisme au Kirghizstan. L'idée de retourner ensemble en Haute-Asie était donc acquise. Partir, donc... Mais partir 3 mois nous apparaissait comme un projet tronqué, un embryon de voyage, à peine partis que nous aurions été déjà revenus. C'est Romain et sa passion des montagnes qui a évoqué l'idée de poursuivre en nous rapprochant de l'Himalaya puis en traversant le Tibet et le Népal. Ce n'est que par la suite que les moyens de transport se sont imposés: le cheval en Mongolie, puis le vélo pour rejoindre et traverser la plus haute chaine de montagnes au monde et enfin à pied pour y faire une incursion: nous voulions prendre le temps de vivre pleinement nos 8 mois d'itinérance. Nous n'étions expérimentés, ni en voyage à cheval, ni en voyage à vélo, mais l'envie était née et a fait le reste. Une longue période de préparation a été nécessaire pour le choix de notre matériel, pour l'apprentissage de certaines techniques mais surtout pour aiguiser nos motivations qui, nous le savions, nous permettraient de faire face, ensuite sur le terrain, aux situations difficiles.
Nous en sommes revenus pas tout à fait comme avant... mais surtout avec l'idée en tête que c'était possible.
En Mongolie, nous avons pâtit de l'inertie d'une caravane de 3 chevaux (deux de selle et un de bât) alors qu'au Tibet, nous étions plus rapides avec nos vélos, mais frustrés de devoir nous contenter de routes ou de grandes pistes pour pouvoir progresser. Quant au Népal où nous avons évolué à pied, nous étions dépendants pour notre nourriture et notre logement des possibilités qui s'offraient à nous. Bref, aucune des solutions choisies ne nous est apparues, à postériori, comme étant idéale.
Mais l'envie de repartir s'est vite fait ressentir. Le Tibet a été comme une évidence tant nous avons été fascinés par cette région de monde, et ses habitants. Nous repartirons donc, à pied cette fois-ci avec un cheval de bât, au Tibet.
jeudi 12 mars 2009
La quadrature du cercle...
Un de nos soucis majeurs dans l'organisation de notre voyage reste l'anticipation des problèmes liés à l'usure des pieds de notre animal de bât, si important pour nous puisqu'il sera le garant de notre autonomie alimentaire sur plusieurs semaines dans des zones semi-désertiques (les Chang Tang au Tibet) où les rencontres seront probablement inexistantes.
Au cours de notre précédent voyage, en Mongolie, nous avons pu constater l'usure prononcée des sabots de nos chevaux (en particulier ceux de notre cheval de bât) après 1200 km effectués sans fer ni hippo-sandale: il était net que leurs pieds étaient douloureux dès que le terrain devenait sec et caillouteux. Il était temps que notre chevauchée s'arrête pour leur permettre de refaire de la corne.
Au Tibet, nous ne pourrons raisonnablement pas compter sur d'éventuels maréchaux-ferrants: comme en Mongolie, le ferrage des chevaux ne fait pas (ou peu) partie de leur habitudes. Au mieux, nous trouverons des ânes ou des mules à acheter à Yécheng qui seront ferrées puisque nous serons encore en pays Ouïgour où les traditions ne sont pas les mêmes. Il est très peu probable que nous puissions les faire referrer par la suite.
Plusieurs options s'offrent à nous:
Mais les problèmes sont multiples: prévoir de déferrer implique plus de matériel de maréchalerie (et donc du poids en plus) ainsi qu'un sérieux coup de main à acquérir pour pouvoir déferrer en toute sécurité tandis que l'utilisation des hippo-sandales nécessite de connaitre préalablement très précisément la taille des pieds de notre mule. Assurer le parage naturel implique, de son côté, une acquisition de connaissances théoriques et pratiques.
Enfin, pour tout cela, encore faudra-t-il avoir à faire à une mule manipulable: en Mongolie, il aurait était impossible de parer les pieds de nos chevaux, ils n'en avaient juste pas l'habitude...
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Mais d'abord, d'où vient notre motivation?
Au cours de notre traversée du Tibet à vélo en 2007, nous avons été absolument fascinés par les Tibétains, leur culture, leur pays, leur ferveur et leur mode de vie.













