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samedi 6 juin 2009

Stage de bâtage

Au cours de notre voyage nous allons par deux fois devoir faire un long chemin accompagnés d'un animal de bât, très probablement une mule. La première fois au Ladakh et au Zanskar, la seconde fois au Tibet. Cette mule, au delà de l'intérêt même de voyager avec un animal, nous permettra de gagner en autonomie alimentaire dans des régions souvent assez isolées.
En Mongolie en 2007, nous avons pu constater que notre technique de bâtage était quelque peu aléatoire, et que même si elle nous permettait de faire "tenir" nos affaires sur notre cheval de bât, elle ne répondait pas à toutes nos attentes. Ce qui nous faisait défaut: une rapidité et une facilité de mise en œuvre, ainsi qu'une fiabilité à l'épreuve des difficultés rencontrées. Pouvoir participer à un stage de bâtage avant de partir était donc une aubaine...
Nous avons donc pu rencontrer et échanger avec Emile Brager pendant 4 jours. Au programme notamment, la découverte de différents bâts et leur adéquation à la conformation du cheval , les différents réglages indispensables, les techniques de fixation des charges par le biais de saccoches ou de sacs, les nœuds indispensables pour solidariser l'ensemble, la conduite en main et à cheval de l'animal de bât, quelques notions sur sa préparation et enfin la prévention des blessures de harnachement pour que le voyage, et le plaisir, durent plus longtemps.

Quelques exemples de nœuds:

Nœud de baril pour les charges horizontales...



...Surmonté d'un balot de foin en vrac maintenu par un nœud de matelas!



Le nœud de chaise double, un préalable au nœud indien:





Nous avions amené notre bât et nous avons pu discuter de quelques ajouts que nous voulions y faire (avaloire, bricole et sanglage en V par deux sangles indépendantes) ainsi que des possibilités de modifications afin de respecter la conformation de nos mules qui seront probablement petites, voire très petites. La transmission de quelques techniques éprouvées nous sera, c'est sur, d'une grande utilité une fois sur le terrain.
En attendant le travail reste à faire. Nous pensions avoir mieux planifié notre préparation qu'au cours de notre précédent voyage mais une fois de plus, nous nous rendons compte que quelques mois de plus n'auraient pas été superflus!
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lundi 18 mai 2009

Essai du bât

Nous avons pu essayer notre bât fabriqué par Hugues Pétel le week end dernier.




Nous avons décidé de fabriquer nous mêmes la bricole et l'avaloire (les systèmes permettant d'éviter que le bât ne recule ou n'avance en cas de forts dénivellés): nous les modifions en permanence en ce moment au fur et à mesure de nos réflexions et de la lecture du livre d'Emile Brager...


Nous allons opter pour des sangles encore moins traumatisantes que celles en coton présentes sur les photos: des sangles en mohair plus larges et de double épaisseur. Nous allons réflechir à l'intérêt d'un sanglage en noeud de cravate permettant un sanglage aussi précis que possible. Nous prévoyons de faire un sanglage en V avec deux sangles indépendantes afin de placer au plus juste l'anneau du saglage avant. La question se pose quant aux matériaux utilisés: cuir au sangle?




La bricole devrait être revue de manière à mieux s'adapter à la courbure de l'épaule et pour pouvoir s'attacher à la sangle ventrale de façon à ne pas étrangler le cheval en remontant lorsque le bât à tendance à reculer (lors des montées). Elle devrait être articulée au niveau du poitrail. Nous travaillons au "retressage" des sangles pour y inserer un anneau d'articulation.




Concernant l'avaloire, nous voulons y ajouter des mousquetons rapides afin de faciliter son retrait lors du débâtage.




Enfin, il va falloir concevoir et mettre en place tout le système d'attache de nos sacs au bât. Nous avons quelques idées, il n'y a plus qu'à les mettre en oeuvre!! Et régler le problème du vet-bed qui glisse vers l'arrière... Du travail en perspective!
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jeudi 7 mai 2009

Stage de parage naturel

Afin de pouvoir être un maximum autonomes pour l'entretien des pieds de nos mules, nous avons cherché à nous former en "parage pied nu", une technique de parage de pied permettant à terme de se dispenser de l'utilisation des fers. Pour cela, nous avons participé à un stage début Mai 2009, organisé en Haute-Savoie par Anouk Nathan, pareuse professionnelle, présidente de l'AFPN.
Sur la photo, vous pouvez voir Romain au travail sous le regard attentif d'Anouk. La jument franche-montagne très gentille était idéale pour s'initier aux gestes des profesionnels.

La partie théorique nous a permis de revoir les principes de fonctionnement biomécanique du pied du cheval ainsi que les modes de vie indispensables à l'entretien d'un cheval pieds nus (notions de "paddock paradise", d'alimentation, d'utilisation adaptée du cheval, que nous auront peut-être du mal à mettre en application pendant le voyage, mais qui nous servirons plus tard, c'est sur!).
La partie pratique sur pieds de chevaux morts puis sur chevaux vivants permet de s'initier au maniement des outils du pareur avec un maximum de sécurité, d'appréhender la complexité d'un parage dans les règles et de comprendre un peu mieux l'approche nécessaire à l'entretien des pieds de son cheval.
Nous avons pu avoir quelques informations sur les hippo-sandales et sur un nouveau concept de protection du pied en phase de transition: le perfect hoof wear, constitué d'une bande de résine à dérouler sur la paroi et la partie périphérique de la sole. Son grand intérêt pour nous réside dans le fait qu'il n'y a pas de notion de taille. A voir...
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lundi 30 mars 2009

Le choix du bât

Le choix de notre bât découle d'une longue réflexion qui essaie d'intégrer à la fois notre expérience passée en Mongolie mais aussi nos lectures concernant les autres voyageurs à cheval.


Nous avons choisi un bât fabriqué par Hugues Pétel, de type Pampa, plus adapté au profil du dos des mules que nous espérons trouver au Ladakh puis au Tibet. L'arçon sera ouvert pour faciliter l'arrimage de charges avec une corde par le biais d'un nœud du type "nœud de baril". Les platines seront remplacées par des crochets pour pouvoir y fixer nos sacs. Les sacs utilisés seront ceux classiquement utilisés pour le transport de matériel en montagne. Il est prévu de les transformer pour faciliter le bâtage, geste que nous répéterons plusieurs fois par jour.
Pour assurer plus de confort à notre animal de bât, nous avons opté pour des panneaux en cuir courts à glisser sous les arçons. Le rabotage des arçons restera possible pour adapter très précisément leur profil à la conformation du dos de la mule. Le sanglage sera double en trois points. Nous prévoyons de fabriquer un avaloire et une bricole pour assurer une meilleure fixité du bât en terrain accidenté.

Ci dessous des photos qui montrent le type de sac que nous avons déjà utilisé en Mongolie sur notre précédent bât à croisillon, ainsi que l'avaloire et la bricole que nous avions fabriqués.





Pour le tapis de selle: la première épaisseur sera constituée d'un vet-bed adapté au profil dégarotté de la mule. Une serpentine de colle en silicone sur la face externe devrait éviter qu'il recule. Les intérêts du ved-bed: un entretien facile et une matière "anti-escarre". Le deuxième tapis devra être trouvé sur place. Nous essaierons de nous procurer du feutre en surface et en épaisseur suffisante.
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jeudi 12 mars 2009

La quadrature du cercle...

Un de nos soucis majeurs dans l'organisation de notre voyage reste l'anticipation des problèmes liés à l'usure des pieds de notre animal de bât, si important pour nous puisqu'il sera le garant de notre autonomie alimentaire sur plusieurs semaines dans des zones semi-désertiques (les Chang Tang au Tibet) où les rencontres seront probablement inexistantes.
Au cours de notre précédent voyage, en Mongolie, nous avons pu constater l'usure prononcée des sabots de nos chevaux (en particulier ceux de notre cheval de bât) après 1200 km effectués sans fer ni hippo-sandale: il était net que leurs pieds étaient douloureux dès que le terrain devenait sec et caillouteux. Il était temps que notre chevauchée s'arrête pour leur permettre de refaire de la corne.
Au Tibet, nous ne pourrons raisonnablement pas compter sur d'éventuels maréchaux-ferrants: comme en Mongolie, le ferrage des chevaux ne fait pas (ou peu) partie de leur habitudes. Au mieux, nous trouverons des ânes ou des mules à acheter à Yécheng qui seront ferrées puisque nous serons encore en pays Ouïgour où les traditions ne sont pas les mêmes. Il est très peu probable que nous puissions les faire referrer par la suite.

Plusieurs options s'offrent à nous:

  • Partir de Yécheng avec une mule non ferrée et s'assurer de la qualité de ses sabots et de son parage tout au long du voyage, quitte à utiliser des hippo-sandales quand cela s'avèrera nécessaire ou à prévoir de longues périodes de repos (plusieurs jours) pour permettre la repousse de la corne.
  • Partir de Yécheng avec une mule ferrée et essayer de faire durer cette ferrure le plus longtemps possible ( environ 1000 km) avant de faire une transition vers des sabots nus (quitte à utiliser des hippo-sandales pendant cette période toujours difficile).
Mais les problèmes sont multiples: prévoir de déferrer implique plus de matériel de maréchalerie (et donc du poids en plus) ainsi qu'un sérieux coup de main à acquérir pour pouvoir déferrer en toute sécurité tandis que l'utilisation des hippo-sandales nécessite de connaitre préalablement très précisément la taille des pieds de notre mule. Assurer le parage naturel implique, de son côté, une acquisition de connaissances théoriques et pratiques.
Enfin, pour tout cela, encore faudra-t-il avoir à faire à une mule manipulable: en Mongolie, il aurait était impossible de parer les pieds de nos chevaux, ils n'en avaient juste pas l'habitude... Lire la suite...

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POURQUOI VOYAGER?...
L'objectif de notre blog est de partager avec vous toutes les étapes de notre voyage depuis sa préparation jusqu'à d'ici quelques temps nous l'espérons, le récit de nos aventures.
Mais d'abord, d'où vient notre motivation?
Au cours de notre traversée du Tibet à vélo en 2007, nous avons été absolument fascinés par les Tibétains, leur culture, leur pays, leur ferveur et leur mode de vie.
Une fois rentrés en France, il était évident que nous devions y retourner mais à pied cette fois-ci pour pouvoir emprunter les chemins qui nous avaient fait rêver et après avoir appris le Tibétain afin d'aller à la rencontre des habitants de ce magnifique pays.
Notre expérience de 3 mois passés à cheval en Mongolie a fini de nous convaincre de l’intérêt d’utiliser un animal de bât. En voyageant à pied, nous comptons nous libérer de l’inertie d’une caravane de plusieurs chevaux.
Les 4 premiers mois de notre périple prévus au Ladakh et au Zanskar, en Inde, d'Août à Novembre 2009 vont nous permettre notamment de trouver les solutions pour nourrir notre animal de bât dans les montagnes arides de l'Himalaya.
Nous profiterons ensuite de l’hiver 2009-2010 pour approfondir nos connaissances en Tibétain à Dharamsala. Mais notre objectif principal est de parcourir dès le printemps 2010, à pied, les 5000 km à travers les Hauts Plateaux Tibétains qui séparent Yecheng de Lhassa.
La performance physique n’est pas notre seule motivation. Nous espérons pouvoir expérimenter l'isolement, le dépassement de soi et vivre selon leur mode de vie basé sur l'essentiel afin d'ouvrir notre esprit à une profonde réflexion sur notre condition. Mais nous aurons surtout à cœur de pouvoir créer des liens sincères par le biais de l’échange et du partage avec les familles que nous allons rencontrer et d’en témoigner.

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